Rachel Karen Green est le dernier membre à se greffer au groupe. Souvenez-vous du pilote : elle entre en trombe au Central Perk alors que les cinq autres Friends sont comme d’habitude occupés à buller. S’étant enfuie de son mariage avec Barry, un dentiste dont elle n’est pas amoureuse, elle déboule donc en robe de mariée, au moment même où Ross dit vouloir se remarier (premier signe du destin). C’est donc la dernière de la bande, mais elle n’est pas pour autant inconnue de tous, loin de là. Elle était en effet amie avec Monica au lycée, et connaissait de vue son frère Ross, déjà épris d’elle à l’époque, ainsi que Chandler, comme on peut le voir dans les épisodes flashbacks. Les deux amies s’étaient ensuite perdues de vue, reprenant une fois contact un an auparavant, dans l’ancêtre du Central Perk (« Celui qui se souvient »). Monica redevient ainsi la meilleure amie de Rachel. Elles sont colocataires au cours des cinq premières saisons.

Sur le plan professionnel, Rachel végète pendant deux saisons en tant que serveuse au Central Perk (son collègue Gunther est d’ailleurs follement amoureux d’elle), avant d’avoir une très brève expérience chez Fortunata Fashions. Elle trouve son premier poste enthousiasmant chez Bloomingdale’s (grâce à un inconnu du nom de Mark qui a des vues sur elle), où elle travaille pour la machiavélique Joanna, puis chez Ralph Lauren, où elle monte en grade. Cette passionnée de mode s’épanouit chez ces deux derniers stylistes. Elle pense dans les derniers épisodes à travailler chez Louis Vuitton à Paris, mais, revenant avec Ross, décline finalement la proposition.

Mais c’est surtout le domaine sentimental qui nous passionne chez elle, et plus particulièrement le couple qu’elle forme avec Ross, qui nous offre l’un des deux tandems les plus attachants de la série (le second étant le duo Chandler-Joey). Pourtant, nos deux amoureux sont finalement rarement ensemble. Après une première saison où Ross tente tant bien que mal d’avouer ses sentiments à la belle (mais vous connaissez sa maladresse en la matière), Rachel finit par comprendre, suite à une gaffe de Chandler, les sentiments du paléontologue à son égard. Elle prend également conscience de ses propres sentiments, à elle, mais lorsqu’elle l’accueille à son retour d’un voyage en Chine, Ross est accompagné… Après un faux départ au cours de la deuxième saison, le couple débute réellement quelques épisodes plus tard pour une relation d’un an. Celle-ci bat de l’aile lorsque Rachel trouve du travail chez Bloomingdale’s grâce au fameux Mark. Ross est de plus en plus jaloux, envahissant et exaspérant, et Rachel de son côté passe toujours plus de temps à son travail. Elle finit par demander une pause (ou une rupture ? le mot anglais employé est « break » qui signifie les deux), et Ross, déprimé et un verre dans le nez, succombe au charme de la fameuse fille de la photocopieuse. Rachel l’apprend, et c’est la rupture définitive. Il y a certes un rapprochement au bord de la mer un peu plus tard, mais Ross n’accepte pas les « conditions » de Rachel : toujours pas de « Ross-Rachel ».

On voit donc peu Ross et Rachel ensemble. Ils passent au final plus de temps à se chercher, se provoquer, se disputer, se chamailler, se rapprocher… qu’à se trouver. Même lorsqu’ils se marient, c’est à la suite d'une nuit de beuverie. Ils font un enfant ? Un simple accident (le préservatif n’a pas été opérationnel), d’autant qu’ils n’étaient pas ensemble « au moment des  faits ». Cette relation est passionnante et offre des passages mémorables : le premier baiser sous la pluie, le deuxième suite au visionnage de la cassette vidéo, la jalousie de Ross, sa tromperie avec la fille de la photocopieuse, l’explication le lendemain dans le salon, leurs diverses chamailleries, leur vidéo, leur grand retour dans le dernier épisode…

Le revers de la médaille de cette relation inoubliable, c’est que les autres histoires d’amour de Rachel sont bien moins mémorables, voire ennuyeuses. Elles font presque office de bouche-trou, et on sait de toute manière qu’elles n’ont pas d’avenir, puisque Ross est toujours dans un coin de sa tête. Ainsi en est-il notamment de l’insipide Joshua ou encore de Danny « le Yéti ». Sa relation avec Tag est un peu plus prenante, mais pas franchement mémorable non plus. Quant à celle avec Gavin, qui aurait peut-être pu être plus intéressante, elle est sous-exploitée. Dommage ! Et je préfère ne pas parler de sa « relation » avec Joey, ni crédible ni prenante. Elle aura tout de même permis aux scénaristes de tenir une intrigue pendant une saison et demie, tout cela pour une relation qui ne dure au total que quelques épisodes, et qui est complètement oubliée dès qu’elle s’est terminée, comme si elle n’avait jamais existé ! Génial !

Au niveau familial, Rachel n’est, comme beaucoup de ses amis, pas particulièrement vernie : ses parents divorcent au cours de la deuxième saison, et ne peuvent plus se sentir. Son père est en outre un homme assez dur, même si elle a une meilleure cote auprès de lui que ses sœurs Jill et Amy, qui sont restées au même niveau que la Rachel du début de la série, c’est-à-dire gâtées, intéressées, immatures et capricieuses. On le devine, sa relation avec ses sœurs n’est pas très simple non plus… À ce propos, il est assez surprenant d’apprendre que ces filles soient gâtées, quand on voit la personnalité du père, qui n’a pas franchement grand-chose d’un « papa-gâteau ».

Sur le plan de la personnalité, Rachel semble avoir moins de consistance que les autres personnages principaux. Hormis son amour profond pour Ross, qu’est-ce qui caractérise son personnage ? Réponse moins évidente que pour les autres Friends. Pour Monica, par exemple, les mots qui viennent à l’esprit sont « despotique », « maniaque », « obsession pour les enfants ». Chandler ? Humour, peur de l’engagement. Joey ? Homme à femmes, simplet, gourmand… Ross ? Méthodique, méticuleux, pédant, timide. Phoebe ? Farfelue, décalée, généreuse, enthousiaste. Et Rachel ? Pas évident. On pourrait dire qu’elle est passionnée de mode, mais ce n’est pas un trait de caractère. Elle est un peu enfant gâtée, mais ce trait est moins marqué que pour les autres personnages. Elle l’était surtout lors des premiers épisodes, et cette caractéristique n’apparaît que rarement. Superficielle ? Peut-être un peu plus que les autres, mais ce n’est pas flagrant. Irresponsable et maladroite, certes, mais là encore, ce n’est pas tellement mis en valeur. En ce qui concerne Jennifer Aniston, c’est une plutôt bonne comédienne, très énergique, mais sans doute pas la meilleure des six. Elle a par exemple trop souvent recours à ses tics (son doigt à l’horizontale sous son nez, notamment). Finalement, de Rachel, on retiendra surtout sa belle histoire avec Ross ainsi que son physique très attrayant (notamment dans les saisons 2 et 10).

Ce que les scénaristes auraient pu améliorer chez elle : ses histoires sentimentales « hors-Ross » ne sont pas très captivantes. De même que les intrigues qui tournent autour de son travail, ni très drôles, ni réellement passionnantes. On peut également déplorer le fait que Rachel n’ait, contrairement aux autres personnages principaux, pas de réel trait de caractère dominant.

 

 

Quelques-unes de ses meilleures répliques :

Ross : Votre fric est à moi, les filles !

Rachel : Et ta braguette ouverte, elle est à qui, rigolo ? (1.18)

 

Rachel : Ross n’a jamais été très doué pour la drague.

Ross : Quoi, qu’est-ce que tu dis, j’ai pas compris. T’as une mauvaise mémoire : ça a marché avec toi.

Rachel : Ah oui tu as raison, effectivement, on s’est vus, tu m’as draguée, et là paf ! à peine neuf ans plus tard, tu m’avais. (5.19)